Alizée, une jeune femme très belle, naïve, vivant dans un univers rose bonbon. A défaut de refléter sa véritable identité, Laurent Boutonnat et Mylène Farmer auront réussi à créer plus qu'un phénomène français exportable d'une façon encore jamais vu depuis... sûrement Edith Piaf. En 2000, elle vendit plus d'1.200.000 exemplaires de son single Moi... Lolita, rien qu'en France, et se plaça en tête de tous les charts européens.
Mais voilà, Alizée a 25 ans aujourd’hui, et chanter des chansons juvéniles ne font plus partie de ses envies. Le plus dur pour elle est maintenant de savoir comment se faire entendre, elle qui est trop vite stigmatisée lolita. Beaucoup n’iraient même pas écouter, à tort, ce qu’elle a à chanter.
Pour ma part, j’ai toujours bien aimé Alizée. Sûrement car elle me rappelait Vanessa Paradis, qui a elle aussi malgré son succès fin des années 80, gardée aux yeux du public cette image de femme-enfant, attachante et innocente qui vend du rêve. Alizée est donc ma madeleine de Proust si on veut faire court.
Son 3ème album studio Psychédélices, sûrement le plus brouillon mais pas mauvais du tout, a été catalogué beaucoup trop vite de flop commercial (top 16 en 2007 et disque d’Or avec 50.000 exemplaires vendus), en raison d’une promo bâclée, quasi-inexistante. Entre-temps, Alizée est devenue une superstar au Mexique, du genre à remplir des stades en un temps record.
Pourtant Alizée compte bien regagner son public français avec son 4ème album. Après avoir fait remixer son tube Fifty Sixty pa
r David Rubato, Alizée rencontre les producteurs du label Institubes (Chateau Marmont, Tahiti Boy, Rob etc..), et se lance dans la réalisation d’un EP, qui deviendra très vite l’album Une enfant du Siècle.
L’album se veut d’être comme une sorte de biographie autour de la muse d’Andy Warhol, Edie Sedgwick, morte à l’âge de 28 ans d’une overdose, et pour qui Alizée semble vouer un culte, sans que l’on sache réellement pourquoi.
Eden, Eden est donc le premier titre à ouvrir cet opus de 10 titres. Le rythme rappelle les génériques des séries AB Productions, et des comptines innocentes de notre enfance.
Les références à Edie se font plus ou moins entendre, encore faut-il toutes les comprendre. Dans le titre Grand Central, une référence au film Ciao! Manhattan, ou à New-York tout simplement? Dans A cœur Fendre, fait-on allusion à la rupture d’Edie d’avec Bob Dylan?, une rupture qui fit plonger l’héroïne de notre ex-lolita dans la drogue dure…pas sûr.
Ce qu’elle chante n’a en tous les cas rien d’autobiographique, à part peut-être pour le titre final Mes Fantômes, qui rappelle Parler tout Bas (présent sur son premier album Gourmandises), pour son côté sombre, qui se veut plus mature et qui énumère ses erreurs passées. Ce titre rejoint d’ailleurs le peloton de tête des excellentes chansons de l’album, tout comme Les Collines (Never Leave You), qui sert de premier single à l’album.
Le meilleur morceau de l’album est sans conteste 14 Décembre, avis qui ne sera peut-être pas partagé. Pourtant cette chanson aux fortes sonorités 80, pop, électro, à la fois aérienne et presque psychédélique, est une pure merveille.
Limelight (titre en anglais) rappelle la chanson Fade To Grey (1980) du groupe Visage. La Candida (titre en espagnol) lui permettra de continuer son exportation latine, inexplicablement hors du commun pour une artiste française.
De cet album, rien n’est à jeter. On assiste à un retour totalement gagnant sur le plan artistique pour notre jolie corse.
Toujours est-il qu’Alizée, est désormais une chance pour la chanson française, si le succès tant mérité se confirme. Elle offre avec ce 4ème album un vent nouveau face à une variété française qui sature d’insipidité.
Un coup de cœur !!!
Note globale : 8,6/10
Titres + : 14 Décembre; Les Collines (Never Leave You); Mes Fantômes; La Candida.
Les Collines (Never Leave You)




