Au programme, une histoire d'amour très sensuelle entre deux femmes, Rihanna et Laetitia Casta.
Ce clip prouve surtout que l'on peut exploiter le trip SM sans pour autant être vulgaire!
Avant elle il y eut les Beatles et les Rolling Stones dans les années 60, ABBA dans les années 70, Michael Jackson et Madonna dans les années 80, les Boys Band (oui même eux) et les Spice Girls dans les années 90 et Britney Spears au début des années 2000. Ces phénomènes Pop venus de nulle part, adulés et critiqués, mais qui ont indéniablement marqué leur époque, et qui pour certains continuent à créer l’engouement.
Lady GaGa est sans conteste LE phénomène pop du moment. Il faut dire qu’elle a appris des plus grands. La preuve samedi dernier avec un Bercy hystérique, venu applaudir leur nouveau messie musical.
Dès l’introduction de ce Fame Ball Tour, GaGa rendra un hommage scénique à trois de ces idoles. La vidéo intro fait penser à Madonna et la chanson Dance in the Dark à Vogue, les jeux d’ombres sur ce même titre à Michael Jackson et le décor d’une ville futuriste sous néons à Britney Spears.
Lady GaGa définit d’ailleurs elle-même le mot pop, tant ces influences sont diverses et bien visibles sur scène. Elle rappelle Screamin’ Jay Hawkins quand elle joue du piano, Elton John dans des moments plus rock et soul, David Bowie lorsqu’il s’agit d’ambigüité sexuelle, Courtney Love pour la bizarrerie du personnage, et Kylie Minogue pour les tableaux les plus gigantesques comme So Happy I Could Die, où elle se transforme en fée qui a échappé aux monstres qui la hantent.
Car ce concert aussi spectaculaire qu’il puisse être est assez décousu. Les tableaux sont réussis, le son très fort, et la voix bien maîtrisée. La musique est tout de même laissée de côté pour laisser place à une show-girl qui vit tellement la scène, qu’elle arrive à en faire trop.
Je parle bien évidemment des moments de trop longues pauses entre les chansons où Lady GaGa parle de choses et d’autres sans grandes cohérences, pour évoquer la fille dont le cerveau a été aspiré par un robot, comme elle le racontait lors de sa précédente tournée (The Fame Ball Tour en 2009). Tout ça expliquerait peut-être les interludes vidéos difficiles à regarder, où Lady GaGa se fait vomir une substance verte par une fille tout en restant impassible, ou encore quand elle mange férocement un cœur avec une belle preuve d’inhumanité, ou quand elle se promène tout de noir vêtue sur des pyramides comme un robot…
Les meilleurs moments restent ceux où elle se décide à prendre place sur son piano pour montrer l’étendue de sa voix et son talent qui ne réside pas seulement à se déhancher sur des chorégraphies millimétrées, et là encore quand il s’agit de se révéler au public, Lady GaGa préfèrera verser des larmes, programmées depuis le début de la tournée au même moment, pour faire croire à un petit moment d’authenticité ! Dommage..
Le concert durera 2 heures, durant lesquelles Lady GaGa montre clairement qu’elle en veut. Elle n’arrive pourtant pas encore au niveau de ceux qui l’ont inspiré pendant toutes ces années, et il est difficile de savoir si un jour elle fera tomber le masque et laissera une place de vérité dans ce qu’elle définit être "son art", ce qui serait du gâchis si cela n'arrivait pas.
Lorsque Will.i.am déclare que Kelis pourrait être l’une des plus grandes, on aimerait le croire. Pourtant Kelis malgré ses nombreux hits reste, sans grande explication, une chanteuse dont le succès se mêle difficilement avec son potentiel.
Le risque pris avec ce quatrième album est assez grand pour une artiste qui a toujours excellé dans le R&B et qui sur scène peut faire pâlir n’importe quelle rockeuse pure sang.
Le virage electro semble donc être à la mode en ce moment et ce n’est pas sans rappeler qu’il y a plus de 30 ans, tout le monde se mettait au disco, des Rolling Stones à Donna Summer. Etre à la mode est donc à la fois une facilité pour s’assurer de bonnes places dans les charts mais surtout un risque pour ne pas être considérée comme opportuniste face à ce qui marche, sans grande créativité artistique.
Et c’est là où Kelis prouve ce que Will.i.am déclare avec beaucoup de passion. Qu’elle chante du R&B ou de la Dance, Kelis excelle réellement. Passée des mains des Neptunes à celles de David Guetta semble assez banal et pourtant avec cet album, on a la preuve du contraire. Tout est construit pour sonner unique et loin d’unobjectifpurement facile.
Flesh Tone est depuis le Confessions on a Dancefloor de Madonna en 2005, l’album pop le plus dansant qui ait été fait. Bien sûr les Black Eyes Peas, Lady GaGa ou encore Britney Spears nous ont offert des albums dont le seul but était de faire la fête, mais ce parallèle entre ces deux albums s’explique par la cohérence qu’il y a entre chaque titre.
Il n’est pas question ici d’assembler quelques titres explosifs et dansants, mais de les faire sonner comme une suite logique à la fois rythmique et thématique.
Bon d’accord, ce n’est qu’un CD, et pourtant les albums conceptuels sont toujours intéressants même s’ils s’inscrivent dans un registre commercial.
Kelis dit au revoir à ses anciens démons dès Intro qui est une vraie chanson, malgré l’intitulé du titre qui en général est zappé dès la seconde écoute d’une galette.
La suite est une succession de titres véritablement dansants. Kelis annonce que le futur se trouve sur le dancefloor dans 22nd Century, où encore sur Emancipate et Brave où les paroles ne sont finalement qu’un accompagnement aux rythmes qui font écho à Fedde Le Grand, entre autres.
Les deux bijoux de cet opus se trouvent par contre sur les deux titres qui font référence au fils de Kelis né en juillet 2009, Acapella, premier single de l’album où elle chante que sa vie d’avant n’était qu’en noir et blanc, et en acapella sans rythme. Sublime. Dans Song for the Baby, c’est une déclaration moins imagée, faisant référence de près et de loin à cette époque musicale enjouée et festive qu’était l’ère disco, grâce à de fortes influences musicales de ces années-là, et qui font de ce titre un véritable bijou.
Flesh Tone est l’album indispensable de cet été, l’un des meilleurs albums pop de l’année et sûrement le plus réussi de la carrière de Kelis.
Note globale : 8,5/10
Chansons + : Song for the Baby, Acapella, 22nd Century, Brave.
Kelis - Acapella (Clip)
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